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Focus

Ce printemps, c’est un ballet d’expositions ambitieuses qui fleurit à Bruxelles et en Wallonie : Rik Wouters aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Pol Bury au Palais des Beaux-Arts, Marthe Wéry au BPS22 de Charleroi – pour ne citer que les artistes belges. Du côté des pointures internationales, Yves Klein prend ses quartiers au Palais des Beaux-Arts et Pierre et Gilles au Musée d’Ixelles. Mais si on décide de prendre le large le temps d’une journée, on découvre une vaste rétrospective dédiée à l’artiste britannique David Hockney à la Tate Britain de Londres à l’occasion de ses 80 ans (l’exposition s’implantera ensuite au Centre Georges Pompidou de Paris, à l’automne prochain) et une exposition plus modeste mais tout aussi passionnante consacrée à Gerhard Richter pour ses 85 ans au Musée Ludwig de Cologne. La beauté n’est pas confortable, se surprend-on à penser face aux 26 nouvelles toiles présentées par l’artiste allemand le plus célèbre de sa génération. Citoyen d’honneur de la Ville de Cologne, Gerhard Richter (Dresde, 1932) est un familier du Musée Ludwig, qui lui a déjà consacré une vaste exposition en 2008. Celle visible ce printemps se concentre sur la dernière série abstraite du peintre – de grands formats où les couleurs et les gestes se font plus affirmés que par le passé, comme si Richter renouait tardivement avec les leçons expressionnistes de son ancien professeur à Düsseldorf, Karl Otto Götz. « La peinture est un mode de pensée en soi, qu’il est impossible de traduire en mots. Je trouve mauvais les tableaux que je comprends » déclarait le jeune Richter dans les années 1960, alors qu’il venait de fuir l’Allemagne de l’Est pour Düsseldorf. Désireux de marquer le coup pour son 85e anniversaire, le Musée Ludwig montre également l’entièreté des œuvres de Richter se trouvant dans sa collection : parmi celles-ci, des pièces devenues emblématiques de la seconde moitié du 20e siècle, comme le portrait duchampien de sa première femme, Ema (Nude on a Staircase), peint en 1966, ou la série réalisée pour la Biennale de Venise en 1971-72, 48 Portraits of German Intellectual Figures. Une présentation orchestrée par l’artiste lui-même, révélant l’incroyable richesse de son œuvre.

Aliénor Debrocq

Aliénor Debrocq

11/08/2017

Gerhard Richter